Les coûts de la pathologie mentale

En France on estime que 12 000 000  personnes ont une souffrance psychique et que 700 000 sont gravement invalidées. Les conséquences économique sont majeures. On a évalué à 107 milliards d’Euro le poids de la maladie mentale.  La charge se répartie entre 20% de coûts directs et les 80% de coûts indirects.  La dépense correspondante représente 8% des dépenses de santé. La recherche en psychiatrie ne représente que 2% du budget de la santé. Par comparaison l’Angleterre dépense 7 % et les USA 16 %. L’OMS classe les maladies psychiatriques au 3e rang des maladies invalidantes dans le monde et l’on pense qu’elles seront probablement au premier rang lorsque le dépistage sera meilleur.

La naissance psychique

Un interview sur France Culture de Bernard Golse, pédopsychiatre à l’hôpital Necker et Professeur à l’Université Paris Descartes.

La naissance psychique

La naissance psychique peut être découplé de la naissance physique, ce qui peut être illustré par cette parole « Quand je suis né, je n’étais pas là ».   C’est ce qu’a exprimé, à son sujet, un enfant autiste de 9 ans ayant évolué favorablement.

Le bébé est exposé à son environnement à un moment de grande sensibilité, qui vient de son immaturité. D’où le rôle majeur de cet environnement dans la formation du psychisme.  La rencontre avec l’autre, avec le langage,  qui s’inscrit dans son organisation psychologique et cérébrale. Le langage est indissociable de la naissance psychique. On peut faire l’hypothèse que  l’environnement est à l’origine de la diversité  humaine.

Se sentir exister est complexe. Les enfants se sentent exister avant de le savoir. L’une des clé est l’accès à l’intersubjectivité. Il faut qu’un écart, une différence, avec l’autre se creuse. Pour la réussite de ce mouvement d’individuation, les adultes doivent creuser l’écart tout en tissant des liens. La polysensorialité semble jouer un rôle.  En effet, pour bien situer un objet comme extérieur, il faut le percevoir par plusieurs canaux sensoriels.

Le langage

Pour parler, il faut que cette différenciation entre soi et l’autre se soit faite. Le langage peut alors venir vers 15 à 18 mois. On admet maintenant que le jeu et le « parler bébé » sont favorables à l’apprentissage du langage.  Le bébé explore son appareil vocal puis, il sélectionne en fonction de la langue maternelle (en français 40 phonèmes). Le bébé produit des indices phoniques dont le sens est d’abord attribué par les adultes. Le non précède le oui car le non protège. Le oui demande une sécurité. La syntaxe arrive avec sa forme ternaire : sujet, verbe, complément, vers deux ans et demi trois ans.

http://www.franceculture.fr/emission-avec-ou-sans-rendez-vous-le-langage-et-la-construction-de-la-personne-chez-le-bebe-2012-01-

 

 

 

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