Archives de catégorie : Société

L’évolution de la psychiatrie

Tranches de vie en psychiatrie
 Réflexions d’un infirmier

Infirmier en psychiatrie depuis 1977, j’ai voulu réaliser un travail de réflexion sur l’évolution de la pratique de la psychiatrie en France. Au travers de quelques cas, au travers de la vie d’un hôpital, des services que j’ai connus et des collègues et des malades que j’ai rencontrés, j’ai essayé de transmettre mon expérience et surtout de mettre en évidence ce qui me semble indispensable dans la relation avec le malade.

Une psychiatrie déshumanisée :

Des anecdotes, des textes simples à lire, abordables par tous et même parfois volontairement humoristiques présentent ce monde obscur de la psychiatrie qui fait peur, mais qui est souvent le reflet de celui des gens normaux. Des cas concrets illustrent les différentes pathologies. Et au fil des pages, se dessine cette réflexion qui définit ce que doit être le soin. C’est aussi l’histoire de cette psychiatrie qui s’est peu à peu dépsychiatrisée, déshumanisée…

Disparition de la psychothérapie :

La façon de comprendre, de considérer et d’accepter la maladie mentale a beaucoup changé. Les impératifs budgétaires, les protocoles et une médicalisation trop importante ont réduit peu à peu l’activité du soignant à des gestes techniques aseptisés et rentables financièrement. La psychothérapie a disparu, le mot inconscient n’est même plus prononcé. Les électrochocs et les attaches reviennent en force. On ne prend plus le temps d’écouter et de comprendre le patient, de connaître son histoire et celle, intimement liée, de sa maladie. Il faut surtout le normaliser, effacer ses symptômes pour qu’il ressorte au plus vite avec souvent comme seule aide, son traitement  médicamenteux.

Le mal être en psychiatrie ne concernerait pas que les patients :

On a oublié que c’est la relation qui est porteuse du soin. Et sans cette relation thérapeutique, le travail de l’infirmier risque d’être vidé de son sens. En fin de carrière, j’ai l’impression que ce métier n’est plus fait pour moi, je m’y sens mal et parfois même, il m’arrive de ne pas fier de ce que je fais…

Je constate que mes jeunes collègues ne sont plus motivé(e)s  et veulent s’en aller. Le mal être en psychiatrie ne concernerait donc plus seulement que les patients.

Tranches de vie en psychiatrie       Dominique Sanlaville

Editions Edilivres   – 2016 –  218 pages

Format papier 17,50 euros      format numérique 1,99 euros

 

Lien vers le livre

https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/761348/s/tranches-de-vie-en-psychiatrie-dominique-sanlaville/

Stop-DSM ?

Stop-DSM est cette association créée en 2010 par Patrick Landman, pédopsychiatre et psychanalyste, ouverte à ceux qui pensent que l’envahissement de la psychiatrie par le DSM, (Manuel diagnostique et statistiques des troubles mentaux) est une catastrophe. Face à l’hégémonie du DSM, certains craignent qu’il soit trop tard pour inverser le cours des choses car l’enseignement en faculté est sous influence de cette nomenclature réductionniste et simplificatrice.

Pour cette association la nomenclature du DSM, sur laquelle est calquée la CIM-10 de l’OMS, est devenue progressivement la référence unique et obligatoire pour la classification des « troubles mentaux »:
– en épidémiologie,
– dans le champ de la recherche et pour les publications scientifiques qualifiantes,- pour les systèmes de protection sociale et les assurances,
– dans le but de collecter des données statistiques pour les politiques de soins et leurs financements,
– comme manuel de référence unique dans l’enseignement de la psychiatrie en faculté de médecine et de psychologie, pour la formation des professionnels et intervenants dans le champ de la santé, du médico-social et de l’éducation spécialisée.
– enfin, pour les médecins, qui, n’ayant pas d’autre formation en la matière, prescrivent de plus en plus de psychotropes, sur des bases diagnostiques contestables.

Ceci est vrai, mais depuis quelques années et dans des sites comme Psychisme et dans certaines universités une contestation existe et un changement se produit.

Selon Stop-DSM l’obligation d’une référence diagnostique au DSM nuit à la scientificité, contrarie le soin psychique, est coûteuse pour les États. Elle paralyse la recherche et l’enseignement. La « souffrance psychique » déborde la définition habituelle des maladies, car elle peut concerner chacun. L’Organisation Mondiale de la Santé la considère comme une priorité. Mais l’O.M.S. s’est engagée sur ce terrain selon un choix univoque, en considérant comme un acquis scientifique le manuel de l’A.P.A. (American Psychiatric Association). Ce choix unique de l’O.M.S. porte un nom générique, celui du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders). Sa troisième version stigmatise les conflits d’intérêt en psychiatrie et elle est contemporaine des recommandations de traitements comportementalistes et des TCC. Et comme ces méthodes sont aléatoires, elles participent de la promotion d’un complément pharmacologique indispensable.

Pour une critique du DSM dans Psychisme