Psychisme  Pharmacovigilance


Les syndromes dus aux intoxications par psychotropes

Patrick Juignet, Psychisme, 2012.

Nous allons voir ici les divers syndromes pouvant résulter d'un mésusage des psychotropes. Ce peut être soit par intoxication volontaire, soit par surdosage iatrogène, soit par une conjonction défavorable (interaction avec un ou plusieurs médicaments ou avec une maladie organique).

Nous les verrons ces syndromes brièvement, car le but est de les repérer au plus tôt afin de prendre au plus vite l'attitude adaptée.


PLAN





1/ Le syndrome confusionnel

C'est le plus "général", celui qui peut être retrouvé dans tous les cas. Il traduit une souffrance cérébrale diffuse.

Repérage :


La confusion s’installe habituellement de façon rapide (en quelques heures ou quelques jours) et se caractérise par l’association de
  1. Altération de la conscience
  2. Altération des fonctions cognitives
  3. Distorsions de la réalité.
Il s'accompagne toujours de

    4. Troubles somatiques

 qu'il faut rechercher (fièvre, déshydratation, signe d'appel d'une maladie, etc. ).

Précisions cliniques :

Toujours au premier plan, nous trouvons la diminution de la vigilance et son cortège de symptômes associés : l'attention est difficile,  les perceptions sont floues, le regard lointain, l'environnement est vu de manière déformée. C'est ce que l'on nomme l'altération de la conscience.
 
Sur le plan cognitif : la désorientation temporo spatiale est le signe le plus évident à rechercher systématiquement. La mémoire immédiate est très altérée. La mémoire à long terme est laborieuse,
le jugement est impossible, les capacités de calcul raisonnement sont faibles ou inexistantes.

La réalité est déformée et prend une tournure onirique. Dans la forme plus grave cela s'accompagne de productions délirantes, d'hallucinations. Il peut y avoir un vécu oniriques avec adhésion du patient à son vécu ce qui provoque des comportements inadéquats, voire dangereux, pour la personne et son entourage. Cet aspect parfois existe une forte angoisse causé par le vécu cauchemardesque. 
 
Les trait caractéristiques du syndrome sont : son caractère fluctuant, les tentatives du patient pour compenser, l'incompréhension qu'a le patient de son état.

Nous attirons l'attention sur la forme faiblement symptomatique. On constate un léger trouble de la vigilance, un éloignement de la réalité, les fonctions cognitives sont moyennement altérées.  Il est important de diagnostiquer cette forme légère car elle est souvent due à un surdosage médicamenteux en particulier chez la personne âgée.

Conduite à tenir :

2/ Le syndrome malin des neuroleptiques


C'est une complication redoutable, mettant en jeu le pronostic vital du malade.

Clinique :

Conduite à tenir :

3/ Le syndrome sérotoninergique

Le syndrome sérotoninergique aigu survient après administration de médicaments sérotoninomimétiques, à doses élevées et souvent en association avec d'autres médicaments comme les inhibiteurs de la monoamine oxydase et le lithium.

Clinique :


Ce syndrome se traduit par divers symptômes :


Le syndrome sérotoninergique résulterait d'une hyperstimulation des récepteurs sérotoninergiques postsynaptiques de type 5-HT1A.

Conduite à tenir :


4/ Le syndrome imipraminique

Il est du aux antidépresseurs imipraminiques par surdosage et /ou par association indésirable et souven par intoxication volontaire. Il associe les effets anticholinergiques à ceux de l'antiadrénergiques alpha-1 et quinidiniques.
 
Clinique :

Signes anticholinergiques directs


Ils sont précoces mais inconstants et sans corrélation avec gravité
• tachycardie, mydriase, arrêt du péristaltisme, rétention urinaire
• sécheresse cutanéomuqueuse (surtout chez enfant).

Les troubles neurologiques

• phase initiale de l’intox on trouve un syndrome confusionnel
• puis un coma peu profond et de courte durée

• syndrome pyramidal : réflexes ostéotendineux vifs, hypertonie
• convulsions : précoces (< 3h), crises généralisées brèves.

Les troubles cardiovasculaires

Ce sont les plus graves, car ils mettent en jeu le pronostic vital.

• troubles du rythme (tachycardie, torsade de pointes)
• trouble de la conduction (Bloc auricul ventriculaire, bloc intraventriculaire)
• trouble de la repolarisation (observé sur ECG)
• Hypotension.

Conduite à tenir
:

5/ Le syndrome atropinique (anticholinergique)

 
S'il est isolé et modéré, il est de moindre gravité et constitue plutôt un effet indésirable. Il est souvent du à une association qui potentialise l'effet atropinique.

Clinique :

Cardiovasculaire : en général accélération cardiaque et à dose toxique chute de la pression artérielle

Oeil :  dilatation de la pupille , augmentation de la pression intra-oculaire, paralysie de l'accommodation perturbant la vision de près.

Tube digestif : diminution du tonus et du péristaltiques (constipation)

Vessie : augmentation du tonus du sphincter interne et une dilatation de la vessie, ce qui favorise la rétention d'urine, surtout en cas d'hypertrophie de la prostate.

Sécrétions : réduction de la plupart des sécrétions : sécheresse buccale et occulaire,   la sécrétion bronchique est réduite ainsi que la sudation (peau sèche et chaude).

Système nerveux central : Seulement à dose toxique on note excitation, agitation, syndrome confusionnel avec onirisme, hyperthermie, vertiges.

Conduite à tenir :

Conclusion


A part le syndrome confusionnel de faible intensité du à un surdosage, qui peut être  traité par arrêt du médicament incriminé, tous les autres syndromes consituent des urgences impliquant une hospitalisation immédiate.

Attention, en cas d'intoxication volontaire, le mélange de médicaments donne des tableaux mixtes.




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