Psychisme  Clinique

2/ Les personnalités limites : formes pathologiques

Nous verrons ici les formes de personnalité du pôle intermédiaire (entre névrose et psychose), assez souvent nommé "état-limites", qui revêtent un caractère pathologique grave au sens ou il entraîne une désadaption et une souffance importante.



PLAN DE L'ARTICLE



Clinique

1/ L'enfance

Ces formes de personnaité sont produites par des conditions éducatives déficientes, voire catastrophiques. Les angoisses de séparation passent inaperçues dans un milieu qui se soucie peu de ce genre de problèmes. La famille est généralement déstructurante et c'est là que se sont nouées les premières relations dépréciatives, violentes, voire dégradantes.

Durant l'enfance, des périodes d'instabilité agressive surviennent sur un fond d’ennui et d’inactivité. L’enfant ne s’adapte pas au milieu scolaire, il est agressif avec ses camarades et provoquant avec les représentants de l’autorité. Le milieu familial est peu structuré, parfois violent.

Vu les circonstance, l’adolescent est parfois séparé de sa famille (placement en foyer) suite à de mesure socio-éducatives. Les conduites délinquantes ou marginales apparaissent.

A l'âge adulte deux formes évolutives sont possibles.

2/ Forme dépendante anaclitique

On constate une mauvaise adaptation sociale, une dépendance, une difficulté à s'affirmer. Cette forme est plus fréqeunte chez les femmes.

Conduites

Ces personnes ont une attitude passive par rapport aux situations et aux relations.  Elles ont des difficultés à s'opposer, à dire non, et encore plus à s'affirmer. Elles ont du mal à prendre des décisions. Au quotidien ces personnes ont besoin d'être rassuré en permanence.

De la sortes elles se retrouvent souvent dans de mauvaises situations du fait d'une incapacité à prendre une initiative pour les éviter ou les changer. Le changement impose généralement un affrontement, ce que la personne ne peut pas faire. La difficulté à changer et le manque de lucidité font retomber dans les mêmes situation relationnelles. On constate donc une répétition des conduites. 

Vécu

Il s'ensuit des plaintes par rapport aux situations subies (familiales ou au travail). C'est encore plus fort dans le domaine affectif. La plainte peut être directe, eu égard à la situation, ou indirecte et diffuse. La dépression chronique accompagne très souvent cette position de victime. La somatisation douloureuse est une manière d'exprimer cette souffrance et de demander une aide.

Pauvreté mentale

Ces personnes n'ont généralement pas pu acquérir un niveau culturel important, ni développer des possibilités de mentalisation, si bien qu'on se retrouve avec un discours pauvre répétitif.

Il s'agit parfois d'une réelle difficulté intellectuelle du à un déficit cognitif ou, parfois, du mésusage d'une capacité pourtant existante. Dans ce dernier cas les personnes considèrent qu'elles sont incapables intellectuellement ou que la culture ce n'est pas pour elles.

Echec social

Le manque de combativité les difficultés cognitives conduisent à l'échec social qui vient renforcer la mauvaise image qu'elles ont d'elles-même et, de plus, augmente considérablement les difficultés de vie. Les personnes se trouvent à la longue confrontées à des problèmes sans solutions qui les entraînent dans la marginalité.

Les personnes se retrouvent dans les circuits d'assistance médico-sociaux ou parfois clochardisent. Certains mêment une vie parasitaire d'assisté vivant de subsides sociaux et régulièrement hospitalisés "pour dépression ". Outre la dynamique psychique, les situations objectivement catastrophiques sont dépressiogènes.

Anaclitisme

La personne a besoin de l'autre, de son appui. Fragile, elle ne pas supporte pas d'être critiquée ou désapprouvée, et est souvent blessée par les autres. Elle a des difficultés à être seule. Il s'y associe souvent une tendance à choisir un conjoint violent et sadique vis-à-vis duquel il existe une dépendance importante.

Cette tendance peut prendre une aspect gravement pathologique et conduit à l'alcoolisme ou à la toxicomanie, les passages à l'acte suicidaires.

Au totla il s'agit d'une forme de personnalité très patologique avec dépendance, manque de contrôle de soi, faiblesse face à l'autre, difficulté à supporter les contraintes. Elle conduit à une inadaptation sociale, des comportements autodestructeurs.

2/ Formes impulsives

Forme impulsive agressive.

Forme majoritairement masculine elle associe agressivité, impulsivité, addiction, aspects antisociaux et éléments pervers. Les "ratés" de la forme moyenne deviennent ici des constantes. Nous sommes directement dans la pathologie invalidante qui empêche l'adaptation sociale. Les moments de compensation comportent eux-mêmes un aspect pathologique au sens ou le caractère entraîne une inadaptation et des relations difficiles. En général il s'ajoute des carences éducatives et des attitudes antisociales et l'on obtient un tableau de "psychopathie". L'agressivité importante est tournée vers les autres.

Forme dite « borderline »

Les formes intermédiaires avec la psychose correspondent à ce que les anglo-saxons appellent « borderline ». Le rapport à la réalité y est très vacillant et le soi peu structuré. Les vacillements caractéristiques des états-limites prennent ici une allure délirante et l'adaptation sociale est en général mauvaise.

La forme histrionique

Cette forme cliniiuqe cumule des manifestations somatiques fonctionnelles (type conversion) avec le théatralisme et des crises paroxystiques. La problématique sexuelle et amoureuse a une forte importance. Cette forme a donc une allure hystérique, mais pour éviter toute confusion avec la névrose du même nom, nous avons adopté le terme d'histrionique. Elle est majoritairement féminine. (voir : Personnalité histrionique)

3/ Théorisation

Le moi ne joue pas son rôle de régulation et de contrôle. Il est incapable de gérer les oppositions existant entre les exigences pulsionnelles par rapport à celles de la réalité, les rapports antagonistes des instances entre elles (ça/surmoi/idéal du moi). Il ne permet pas la prise de distance. Les processus secondaires, la fonction réalitaire (avec en particulier le principe de réalité), sont insuffisant si bien que le rôle régulateur de l’action du moi est insuffisant. Les alertes devant ce qui est considéré comme un danger sont disproportionnées et ingérables.

Le soi (l'instance identitaire) est inconsistant. L'imago de base (identification primaire) est ses remaniements des identifications successives (identifications secondaires) est dévalorisée et investie de manière instable. L'unification et l'individuation sont insuffisantes. L'identité, qui permet la stabilité de la personne au fil du temps, est nicertaine. 

Le surmoi est absent ou de forme archaïque agressive. Dans ce second cas, il n'a pas été secondarisé ce qui ne permet ni sa tempérance, ni l'intégration de la loi constitutive (voir l'article Ordre symbolique et loi constitutive).

La gravité vient également des pulsions agressives. L’importante agressivité peut être dirigée contre soi ou contre les autres. La vision du monde est irréaliste et caricaturale, faite d’opposition entre bons et méchants et d’affrontements phalliques. La grande faiblesse de l’investissement de soi provoque un attachement anaclitique ou la fuite dans l’addiction. On trouve aussi fréquemment un masochisme primaire qui pousse le sujet à se faire du mal.

On trouve une tendance addictive. L’addiction chronique (alcoolisme, toxicomanie), entraînant une dépendance somatique et psychique, est explicable par la prise préventive (et donc chronique) du produit pour éviter la souffrance narcissique et qui, en même temps, coupe la route à la mentalisation ; ce que Descombey (1992) appelle le « court circuit » addictif. Toutefois, parfois, la dépendance est recherchée pour elle-même, conséquence d'un idéal archaïque mis en place par la mère. La conduite addictive est un déni de cette dépendance, tout comme une obéissance. Il y a, certes, dépendance vis-à-vis d’un produit, mais indépendance vis à vis des personnes, des autres. Il y a également au travers des arrêts (sevrage) et reprises, une manipulation de la présence et de l'absence.


Vers  3/ La forme égoïste narcissique




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